justice secherLundi 20 juin 2011, à l'ouverture du procès en révision de Loïc Sécher, condamné à 16 ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles à la suite des accusations d'Emilie, le ministère public comme la défense ont descendu en flammes l'enquête de gendarmerie (Source AFP.)

Mardi 21 juin, la cour a tenté de comprendre ce qui s'était passé au collège d'Emilie, où elle avait brusquement changé de comportement début 2000. Gaie et vivante, elle s'était refermée sur elle-même, ne mangeait plus, faisait des malaises, des fugues...

En 2008, Emilie reviendra sur ses accusations, affirmant que Loïc Sécher ne lui avait rien fait. Mais durant l'enquête en révision, elle expliquera avoir subi des humiliations, sexuelles notamment, de la part de camarades de collège.

 Le recueil de la parole d'une adolescente en souffrance par de jeunes professeurs soucieux de lui venir en aide était au coeur des débats.

"Peut-être qu'elle nous a trompés sur la personne mais, sur ce qui lui était arrivé, je ne peux pas imaginer qu'elle nous ait menti", a déclaré devant la cour d'assises d'appel de Paris Karine Etévenard, professeur de physique, encore bouleversée à l'évocation de cette époque.

"Elle me faisait peine... On réagit avec empathie face à un enfant qui souffre", a expliqué son ancien collègue Michaël Deshaies, professeur de français.

Professeurs de la jeune Emilie au collège Maryse Bastié d'Ingrandes-sur-Loire (Maine-et-Loire), ils ont recueilli des confidences de l'adolescente de 14 ans, qui, en novembre 2000, leur a confié avoir été violée.

Elle ne donnait pas le nom de l'homme, mais sa description avait suffi à ses parents pour identifier Loïc Sécher, un voisin, résidant comme eux dans une petite commune de la Loire-Atlantique toute proche.

Ses professeurs les plus proches d'elle, Mme Etévenard en particulier, ont expliqué combien ils avaient tenté de comprendre pourquoi elle allait si mal. Ils ont aussi raconté s'être sentis bien seuls face à une hiérarchie beaucoup plus sceptique face au comportement de la jeune fille.

"On était beaucoup plus dans l'affectif que dans le professionnel", a ensuite déploré le principal du collège, Alain Bayeron, 61 ans. "Et j'ai quand même regretté de n'avoir jamais été mis au courant directement par Mme Etévenard", a-t-il ajouté.

"Sans doute était-ce maladroit... Je ne suis pas psychologue", reconnaît le professeur de français. "C'est très douloureux, même onze ans après", dit-il.

Absente depuis le début du procès, la jeune femme, 25 ans aujourd'hui, était présente à l'audience mardi après-midi, visiblement troublée, souvent prostrée. Son audition devrait avoir lieu mercredi, à huis clos.

Le procès est prévu jusqu'à vendredi  24 juin 2011.

Ces témoignages, douloureux pour tout le monde, Loïc, Emilie, leurs familles et les professeurs ne sont-ils pas la conséquence directe de la circulaire Royal ? A méditer !