26/03/14

805- La vie après 18 ans dans les couloirs de la mort

damienechols

Accusé par erreur du meurtre de trois enfants aux Etats-Unis, Damien Echols a passé 18 ans dans le couloir de la mort. Aujourd'hui, il raconte son cauchemar dans un livre, "La vie après la mort" (éditions Ring).

 Les faits remontent à 1993. Trois enfants de huit ans sont retrouvés sauvagement assassinés à West Memphis, dans l'Etat de l'Arkansas. Très vite, trois jeunes marginaux sont soupçonnés : Jessie Misskelley Jr, Jason Baldwin et Damien Echols.

Au terme d'un procès arbitraire qui accumule faux témoignages et preuves falsifiées, les "Trois de West  Memphis", comme on les surnomme alors, sont lourdement condamnés : Misskelley et Baldwin à la prison à perpétuité, Echols à la peine capitale.   

Finalement, en 2011, à la faveur d'une longue campagne de soutien (des personnalités comme Johnny Depp y ont participé), la justice accepte de rouvrir le dossier et examine de nouvelles preuves scientifiques. Les trois hommes obtiennent leur libération mais ne sont pas totalement innocentés. Ils restent coupables aux yeux de la justice.

Damien Echols était l'invité de Clara Dupont-Monod sur France Inter dans le 7-9 du jeudi 27 mars 2014. A écouter en cliquant ICI

Les éditions Ring, qui publient le témoignage de Damien Echols, ont également réalisé un documentaire sur cette affaire qu'on peut visionner ICI :

 

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16/03/14

6415 - Nouveau procès de Maurice Agnelet

Agnelet

C'est la troisième fois que Maurice Agnelet comparaît pour les mêmes faits. La jeune femme, riche héritière des casinos de la Méditerranée, avait disparu à l'automne 1977. Encore aujourd'hui, on n'a toujours pas retrouvé son corps. L'enquête connaitra de nombreux rebondissements, Maurice Agnelet sera une première fois acquitté aux assises à Nice en 2006, puis condamné à 20 ans de réclusion à Aix l'année suivante.

Depuis, il a bénéficié, en février 2013, d'une remise en liberté à la suite d'une condamnation de la France devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme parce que le verdict de condamnation n'était pas motivé. Aujourd'hui, c'est un homme de 76 ans qui va de nouveau s'asseoir sur le banc des accusés, pour un crime commis il y a 37 ans et dont il se dit innocent.

Sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, avait été décidée par la commission de réexamen de la Cour de cassation. L'arrêt faisait suite à une décision de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) qui, le 10 janvier 2013, avait estimé qu'il n'avait pas bénéficié d'un "procès équitable". (Voir ci-dessous l'article 6408)

La CEDH avait aussi noté que le meurtre d'Agnès Le Roux "n'était pas formellement établi et que, partant, le lieu, le moment et les modalités du crime supposé restaient inconnus".

"La CEDH a condamné la France en disant que l'accusation n'avait émis que des hypothèses, sans en rien prouver le crime", a assuré l'avocat.

Le corps d'Agnès Le Roux n'a jamais été retrouvé, ni le véhicule avec lequel l'héritière du Palais de la Méditerranée à Nice s'était volatilisée, le week-end de la Toussaint 1977. Un point sur lequel sa défense insistera certainement.

"Lors de ce procès de Rennes, je pense que le procureur ne pourra plus émettre de seules hypothèses, il sera placé en demeure de prouver le crime, or vous savez que c'est impossible, il n'existe aucune preuve, et je dis que le principe même de ce procès n'est pas viable" avait ajouté l'avocat de Maurice Agnelet

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12/03/14

804 - Etats-Unis : Innocenté après avoir passé 29 ans dans les couloirs de la mort en Louisiane

Glenn Ford

Glenn Ford avait été reconnu coupable du meurtre d'un bijoutier de Louisiane en 1983 jusqu'à ce qu'un témoignage incriminant le bon tireur parvienne aux policiers fin 2013.

Il a le triste honneur d'être le détenu à avoir passé le plus de temps dans les couloirs de la mort des prisons américaines. Après avoir passé 29 ans dans un pénitencier de Louisiane à attendre son exécution, Glenn Ford a été libéré mardi 11 mars 2014. Un témoignage inédit recueilli fin 2013 par la police a permis de disculper cet Afro-Américain de 64 ans qui avait en vain clamé son innocence pendant 30 ans.

Originaire de Californie, Glenn Ford était venu en Louisiane pour démarrer une nouvelle vie. Il faisait des petits boulots de jardinage et de rangement pour un horloger-bijoutier de Shreveport, Isadore Rozeman. Mais le 5 novembre 1983, au cours d'un braquage, Isadore Rozeman est abattu à son comptoir. Les enquêteurs découvrent que Glenn Ford était dans le secteur du magasin au moment du crime. Autre élément qui impressionne défavorablement, lorsqu'il est interpellé, il est retrouvé en possession de biens volés dans le magasin de la victime.

Lorsque s'ouvre le procès pour homicide en 1984, Glenn Ford fait partie des suspects principaux du crime au côté de George Starks, Henry et Jake Robinson. Glenn Ford accuse les frères Robinson du meurtre mais ceux-ci se prévalent de leur droit constitutionnel de rester silencieux et refusent de s'exprimer sur l'affaire. Des témoignages rapportant les tentatives de Glenn Ford de vendre un fusil du même calibre que celui de l'arme du crime pèsent lourd dans la balance.

À cela s'ajoutent des avocats inexpérimentés et la rétention inexpliquée de plusieurs éléments à décharge dont un rapport de police spécifiant l'heure du meurtre et apportant des précisions sur l'arme du crime. Un jury composé entièrement de membres blancs condamne Glenn Ford à mort et rejette les charges retenues contre les autres accusés.

Derrière les barreaux, Glenn Ford multiplie en vain les appels.

Finalement le témoignage qui va l'innocenter arrive sur le bureau des policiers en 2013. Une source, interrogée dans une affaire de meurtre complètement distincte du dossier Isadore Rozeman, identifie Jake Robinson comme celui ayant tiré sur le bijoutier. Cet informateur aurait entendu l'homme s'accuser du meurtre. Les autorités judiciaires n'ont pas fourni plus de détails mais ont déclaré que si ce témoignage avait été connu à l'époque des faits, Glenn Ford n'aurait jamais été arrêté. «Une enquête sur les individus impliqués dans l'assassinat d'Isadore Rozeman a été ouverte», a confirmé le procureur, «ils sont également suspectés d'avoir joué un rôle dans d'autres homicides».

À sa sortie de prison, Glenn Ford s'est dit heureux mais aussi aigri par ses années d'incarcération qui l'ont privé de ses fils qu'il n'a pas vu grandir. Actuellement 83 hommes et deux femmes attendent d'être exécutés dans les prisons de Louisiane.

Selon la réglementation de Louisiane Glenn Ford pourrait n'être indemnisé qu'à hauteur de 270 000 dollars !

 

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09/03/14

664 - Réforme de la révision pénale adoptée à l'unanimité à l'Assemblée

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Les députés ont voté à l'unanimité, jeudi 27 février 2014, une proposition de loi pour faciliter les révisions de condamnations pénales définitives mais ont rejeté un amendement UMP voulant permettre aussi la révision des acquittements.

"Nulle institution n'est infaillible, la justice se grandit en reconnaissant ses erreurs", a estimé son auteur, le radical de gauche Alain Tourret.

Les révisions de condamnations sont très difficiles à obtenir, et en conséquence très rares. Pour les crimes, une dizaine seulement depuis 1945, contre "cinq en moyenne chaque année en Allemagne", selon M. Tourret. La dernière en date est celle de Christian Iacono, qui a obtenu le 18 février l'annulation d'une condamnation pour viol et qui doit être rejugé.

Le texte, qui devra maintenant être voté au Sénat, crée une nouvelle cour du réexamen et de la révision composée de magistrats issus de toutes les chambres de la Cour de cassation.

Cette nouvelle cour pourrait être saisie dès qu'un "fait nouveau" fait "naître le moindre doute" sur la culpabilité d'un condamné.

Pour permettre à la cour de statuer en connaissance de cause, la proposition de loi instaure un enregistrement obligatoire des débats des cours d'assises en version audio et, éventuellement en vidéo. Les scellés des différentes affaires seraient obligatoirement conservés durant cinq ans, renouvelables à la demande du condamné, contre seulement six mois actuellement.

Les députés ont en revanche rejeté un amendement du député UMP Georges Fenech proposant que l'on puisse revenir sur les décisions d'acquittement.

Celui-ci l'a justifié par le rebondissement intervenu fin janvier dans l'affaire Haderer: 27 ans après les faits, les traces ADN mettent en cause un homme acquitté dans le meurtre d'une jeune femme, Nelly Haderer.

Encore hostile à cette possibilité il y a deux mois, M. Fenech, ancien magistrat, a reconnu avoir évolué en raison de l'affaire Haderer.

"Cela existe déjà en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni", a-t-il aussi plaidé.

Pour Alain Tourret, avocat de profession, remettre en cause les acquittements signifierait "l'abandon de la prescription" des crimes à l'issue d'une longue période et "une rupture avec notre droit" qui repose sur "l'absence d'acharnement".

"On ne peut pas changer par un amendement de circonstance des principes qui sont dans notre droit depuis deux siècles", a souligné la ministre de la Justice Christiane Taubira.

Mais le "débat de fond est légitime. Le travail sur ce sujet va se poursuivre", a-t-elle dit, sans "anticiper sur ses conclusions".

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