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Le Dr Jean-Louis Muller, acquitté du meurtre de sa femme en 2013 après trois procès et 600 jours d'incarcération indue, a demandé plus de 2 millions d'euros d'indemnisation.

« Je voudrais tourner la page de 15 années de procédure et retrouver un cadre serein avec mes proches », a déclaré à l'issue de l'audience Jean-Louis Muller, qui a été en placé en détention à quatre reprises entre 2001 et 2011.

Le médecin a été condamné deux fois à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme Brigitte, dont le corps avait été retrouvé en 1999 dans la cave familiale, un pistolet à ses pieds. Il a ensuite été acquitté en octobre 2013 à Nancy lors de son troisième procès.

« Nous réclamons une indemnisation importante, à la mesure exacte des préjudices de M. Muller », a souligné l'avocat du requérant, Me Benoit Cousin, qui a réclamé pour son client 150 000 euros pour le préjudice moral et 1,95 million pour le préjudice matériel.

L'État, de son côté, n'entend verser que 35 000 euros pour le préjudice moral, a précisé son avocat, Me Benoît Jaquet. Concernant le préjudice matériel, les pouvoirs publics proposent de ne retenir que 38 000 euros pour la perte de revenus du médecin (qui réclame près de 260 000 euros sur ce point), et rejettent tout préjudice lié à la perte du cabinet médical, à la vente de sa voiture ou à celle de sa maison (à un prix trop bas, selon le Dr Muller).

Surtout, l'ancien détenu réclame 1,25 million d'euros en expliquant que, selon lui, son incarcération l'a empêché de poursuivre une carrière prospère de médecin salarié à la Caisse régionale de Sécurité sociale dans les mines de l'Est (Carmi). « Le préjudice n'a pas un lien direct et exclusif avec la détention », lui a inlassablement répété le représentant de l'État, qui est disposé à faire un chèque global de 89 026 euros, quand Jean-Louis Muller demande 2 099 250,29 euros. « Je ne vais pas contester qu'il s'agisse d'une tragédie humaine pour le Dr Muller et sa famille, qui pourrait le contester ? », a pour sa part reconnu l'avocat général, Claude Palpacuer, qui a recommandé à la juridiction de s'en tenir aux strictes propositions de l'État, tout en reconnaissant « une perte de chance bien réelle ».

Le premier président de la Cour d'appel de Nancy rendra sa décision le 20 février 2015.