23/03/15

811 - Etats-Unis (Arizona): Innocentée après 23 ans passés dans les couloirs de la mort !

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Debra Milke, 51 ans, avait toujours clamé son innocence du meurtre de son fils de 4 ans en 1990 en Arizona. Mais elle avait été condamnée à mort sur la base du seul témoignage non corroboré du principal enquêteur, qui avait prétendu avoir recueilli ses aveux. Toutes les charges ont été abandonnées lundi à l’encontre de cette femme d’origine allemande, qui, après 23 ans dans le couloir de la mort, est devenue la 151e personne condamnée à mort à être innocentée en quarante ans aux Etats-Unis.

La juge Rosa Mroz du comté de Maricopa a formellement prononcé la relaxe lundi, en présence de Debra Milke, l’accusation ayant perdu son dernier appel le 17 mars 2015 devant la cour suprême de l’Etat, selon une vidéo de l’audience.

Debra Milke, libérée sous caution depuis 2013, devient ainsi la deuxième femme jamais innocentée du couloir de la mort aux Etats-Unis, et la 151e personne à l’être depuis 1973, dont neuf en Arizona, selon le décompte du Centre d’information sur la peine capitale (DPIC). Après 23 ans dans le couloir de la mort, sa condamnation avait été annulée il y a deux ans par une cour d’appel, en raison de la conduite «scandaleuse» du principal enquêteur et des procureurs qui ne l’ont pas révélée.

Selon le détective «corrompu», Armando Saldate, cette femme divorcée avait avoué avoir engagé deux tueurs pour assassiner son fils de 4 ans et toucher une prime d’assurance. Mais Debra Milke avait démenti, et aucun enregistrement ni témoin n’avaient jamais corroboré ces allégations, peut-on lire dans un communiqué du DPIC qui dénonce la carrière peu scrupuleuse du policier et pour qui «les procureurs de l’Arizona sont accusés de mauvaise conduite dans la moitié des cas de peine capitale».

Milke est née à Berlin d’une mère allemande et d’un père américain, selon plusieurs témoignages et la presse allemande, mais il n’a pas été possible de confirmer immédiatement sa nationalité.

Deux hommes, Roger Scott et Jim Styers, ont plaidé coupable et ont été condamnés à mort séparément pour le meurtre du garçonnet, et sont toujours dans le couloir de la mort en Arizona. Le 2 décembre 1989, Debra Milke avait accepté que son colocataire, Styers, accompagne son fils au centre commercial pour voir le père Noël. Styers, accompagné de son ami Scott, avaient en réalité conduit «le garçon dans un ravin isolé à l’extérieur de la ville où Styers avait abattu Christopher de trois balles dans la tête», selon la décision de la cour d’appel.

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27/01/15

810 - Etats-Unis : Exécuté à 14 ans en 1944, l'enfant serait innocent !

 

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Condamné à l’âge de 14 ans à la peine de mort pour le meurtre de deux jeunes filles, George Stinney serait-il innocent ? 70 ans après l'exécution, un juge a annulé la décision de justice le concernant.

Le plus jeune condamné à mort de l’histoire moderne des Etats-Unis est-il innocent ?

Un juge a annulé hier la décision de justice le concernant. Cela fait plusieurs années que des avocats tentent de prouver que George Stinney, un adolescent noir de Caroline du Sud, n’a pas battu à mort deux jeunes filles.

 Le 23 mars 1944

Les faits remontent à 1944. Betty June Binnicker, 11 ans, et Mary Emma Thames, 8 ans sont portées disparues le 22 mars, dans le comté de Clarendon en Caroline du Sud. Le lendemain, elles sont retrouvées, sans vie, les corps couverts de blessures. George serait la dernière personne à les avoir vues vivantes. Il est allé de son propre chef signaler aux équipes de recherche de l’époque qu’il avait discuté avec elles le jour de leur disparition. Les fillettes, qui roulaient à vélo dans son quartier, s'étaient arrêtées devant chez lui pour lui demander un renseignement : elles cherchaient des fleurs spécifiques.

George est le coupable idéal. Accusé d’homicide au premier degré, il est arrêté et jugé le 24 avril de la même année. A l’image de l’enquête, le procès est bâclé : pas de témoin appelé à la barre. Pire, après dix minutes de délibération, les douze hommes blancs le reconnaissent coupable. Le jeune de 14 ans est condamné à la peine de mort. Le 16 juin 1944, il est exécuté.

L'horreur

Les témoins de la scène, à la prison de Columbia, parlent d’un garçon si petit qu’il ne tient pas en place sur la chaise électrique. Il a fallu mettre un annuaire téléphonique en dessous de lui pour le rehausser sur l’instrument. Les autres détails font froid dans le dos. Le masque posé sur lui pour dissimuler son visage lors de l’exécution est trop grand si bien qu’il tombe lorsqu’il reçoit les premières décharges électriques. Les cris et le visage qui se tord de douleur de l’enfant sont restés gravés dans la mémoire des témoins.

70 ans plus tard

Les avocats, qui ont obtenu la réouverture du dossier en 2013, se fondent notamment sur deux éléments pour innocenter George : sa sœur, retrouvée en 2009 par des professionnels de la justice, a déclaré que l’adolescent était avec elle le jour du double homicide et qu’il n’avait pas pu, dans ce cas, le commettre. Autre donnée troublante : les deux filles ont été battues à mort avec un bout de rail de chemin de fer. Or George, de par sa petite corpulence, n’avait pas assez de force pour infliger les coups mortels avec un outil si lourd.

Le juge Carmen Mullins a décidé, mercredi 17 décembre 2014, d'annuler la décision de justice concernant George. Les défenseurs du petit garçon militent pour qu'un nouveau procès s'ouvre rapidement pour l'innocenter définitivement.

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809 - Etats-Unis : Un handicapé mental exécuté en Géorgie

 

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L'état de la Géorgie a refusé de gracier un détenu condamné à mort malgré son handicap mental.

Warren Hill, 54 ans, a été exécuté mardi 27 janvier 2015 moins d'une heure après l'annonce du refus de sa demande de grâce par la juridiction suprême de l'état de Géorgie. L'affaire suscite une forte émotion parmi les militants antis peine de mort aux Etats-Unis. Des milliers de personnes avaient signé une pétition pour réclamer que la peine de Warren Hill soit commuée, parmi lesquelles l’ancien président américain Jimmy Carter et son épouse Rosalyn.

Warren Hill, 54 ans avait été condamné une première fois à la prison à perpétuité à l'âge de 18 ans pour le meurtre de sa petite amie. En 1990, il est de nouveau condamné, cette fois à la peine capitale, pour avoir battu à mort son compagnon de cellule.

En 1988, la Géorgie a interdit l'exécution des condamnés souffrant d'un handicap mental mais la preuve est parfois difficile à fournir. En général, il est acquis qu'il faut obtenir moins de 70 à des tests d'intelligence de référence. Warren Hill avait obtenu des scores de 69 à 70. Son avocat maintient toutefois qu'il avait une capacité mentale d'un enfant de 11 ans.

Warren Lee Hill est le cinquième détenu à avoir été exécuté depuis début janvier aux Etats-Unis et le second en Géorgie, selon le Centre d'information sur la peine de

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21/11/14

808 - Etats-Unis : innocenté après 39 années de prison et une condamnation à mort

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Un condamné à mort noir américain a retrouvé la liberté vendredi 21 novembre2014 à Cleveland en Ohio (nord), innocenté après 39 ans derrière les barreaux dus au mensonge d'un enfant, un record dans un cas d'erreur judiciaire aux Etats-Unis.

Ricky Jackson, un Noir américain de 57 ans, avait été accusé à tort d'un meurtre en 1975 sur la base du faux témoignage d'un garçon de 12 ans qui, arrivé à l'âge adulte, a révélé qu'il avait menti et n'avait en fait jamais rien vu du crime.

"L'événement d'aujourd'hui fait de Ricky Jackson la personne innocentée qui a purgé la plus longue peine de l'histoire américaine, selon le National Registry of Exonerations", a indiqué son avocat Mark Godsey sur le compte Facebook de son organisation Ohio Innocence Project.

Le prisonnier avait écopé de la peine capitale en mai 1975, reconnu coupable d'avoir, avec deux complices, frappé, jeté de l'acide et tiré deux coups de feu sur un homme qui était venu collecter la recette d'un magasin d'alimentation. Le tireur avait également grièvement blessé par balle la femme du propriétaire du magasin.

La sentence de mort avait été révoquée trois ans plus tard, en raison d'une erreur de procédure puis de l'abolition de la peine capitale en Ohio, depuis rétablie. Ses deux compagnons d'infortune, deux frères, avaient aussi vu leur peine commuée en prison à vie, avant d'être innocentés. Mais tous trois étaient passés proches de l'exécution.

"Toutes les charges ont été abandonnées et il a retrouvé la liberté" vers 09H00 du matin (14H00 GMT), a indiqué à l'AFP Joseph Frolik, directeur de la communication du bureau du procureur du comté de Cuyahoga.

Il a été innocenté sur la base du nouveau "récit du témoin qui avait 12 ans" à l'époque des faits, a ajouté ce responsable.

En sortant du tribunal, Ricky Jackson a déclaré n'avoir aucune "animosité" envers le témoin. "Les gens le voient comme un adulte aujourd'hui mais en 1975 c'était un môme de 12 ans et il était manipulé et forcé par la police (qui l'a) utilisé pour nous mettre en prison".

Lors d'une audience mardi au tribunal du comté à Cleveland, le procureur Timothy McGinty avait déclaré que "l'Etat s'incline devant l'évidence" et abandonne les poursuites.

Venu se rétracter officiellement devant le juge, le principal témoin Eddie Vernon, aujourd'hui âgé d'une cinquantaine d'années, avait confessé son mensonge à son pasteur et expliqué qu'il pensait alors "faire ce qu'il fallait" en aidant la police à résoudre le crime, selon Me Godsey.

En fait, il était dans le bus d'école à quelques pâtés de maison de la scène du crime quand il a entendu les coups de feu.

Mais, pris dans la spirale du mensonge, et sous la pression des policiers, l'enfant avait dû identifier des hommes qu'il n'avait jamais vus.

"J'étais un enfant noir du quartier, pauvre et sans éducation. Un homme blanc avait été tué. Je ne connaissais rien du système judiciaire. Pensez-vous vraiment qu'à 12 ans, je pouvais faire face à ces policiers qui me criaient au visage?", a témoigné Vernon, en larmes, au tribunal, selon le récit de l'avocat.

Jackson avait toujours clamé son innocence. Après près de 15.000 nuits en prison", il est sorti sans un sou, ni vêtements d'hiver, selon l'Ohio Innocence Project, qui lui viendra en aide avant une éventuelle compensation de l'Etat.

Selon le Centre d'information sur la peine capitale, il s'agit du 148e condamné à mort innocenté aux Etats-Unis depuis 1973, le cinquième cette année.

En mars, un autre Noir américain, condamné à la peine capitale pour meurtre par un jury exclusivement blanc, avait été libéré après 30 ans passés dans le couloir de la mort en Louisiane (sud), à la faveur de nouveaux éléments l'innocentant.

    (Voir ci-dessous le paragraphe 542 et tous les articles sur les innocents injustement accusés au Etats-Unis)

 

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11/10/14

807 : Etats-Unis : Innocentée après 17 ans derrière les barreaux

 

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Accusée à tort. Susan Mellen avait été condamnée pour le meurtre d'un itinérant en Californie sur la seule foi d'un témoignage. Il s’avère qu'il était mensonger. Les vrais coupables ont depuis été arrêtés et l'ont innocentée. Un juge de Los Angeles l'a disculpée hier en demandant à ce qu'elle ne passe pas une minute de plus derrière les barreaux.

Susan Mellen aura passé 17 ans de sa vie derrière les barreaux pour un crime qu’elle n’a pas commis sur la seule foi d'un faux témoignage. Vendredi 10 octobre 2014, la femme a finalement été innocentée dans un tribunal de Los Angeles. Elle avait été condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération anticipée pour le meurtre en 1997 de Richard Daly. Le cadavre calciné de l’homme avait été retrouvé dans une allée du quartier de San Pedro (Californie).

Un faux témoignage a suffi pour une condamnation à vie

Le juge Mark Arnold du tribunal supérieur de Los Angeles a qualifié le cas de Susan Mellen de "rare échec du système judiciaire". Il a expliqué que la condamnation de cette mère de famille semblait avoir été fondée sur le faux témoignage de June Patti, décédée en 2006, qui avait affirmé à l'époque aux autorités que Susan Mellen lui avait avoué le meurtre.

La sœur même de June Patti, officier de police à Torrance, a qualifié la défunte de «probablement la plus grosse menteuse que j'ai rencontrée dans ma vie». En fouillant dans le passé de June Patti, les enquêteurs ont découvert qu’elle avait tendance à contacter la police pour rien. Ils en sont venus à la considérer comme un témoin non fiable.

Larmes de joie. A l'annonce de l'annulation de sa condamnation, Susan Mellen s’est laissée aller, en envoyant des baisers à ses enfants assis dans le tribunal. Elle a également salué de la main ceux qui l'ont soutenue, sous les applaudissements nourris de l'assistance. Le juge Arnold a ordonné sa remise en liberté dans les plus brefs délais. Sa fille, Jessica Besch, a déclarée, soulagée, vivre «le jour le plus heureux de sa vie».

Le juge Mark Arnold ne doit pas bien connaître les statistiques des erreurs judiciaires dans son pays. La lecture des pages ci-dessous pourrait lui montrer que les echecs du système judiciaire ne sont pas rares, contrairement à ce qu'il affirme !!!!!!  Selon un rapport, 1300 condamnés ont été innocentés en 25 ans et Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine capitale (DPIC) a dénombré 146 condamnés à mort innocentés et libérés depuis 1973, dont dix au Texas.

Voir la vidéo ICI

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09/10/14

806 - Texas : Innocenté après 4 ans dans les couloirs de la mort

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Un condamné à mort a été libéré mercredi 8 septembre 2014 de la prison de Huntsville, au Texas (sud), après avoir été innocenté au terme de neuf ans derrière les barreaux, dont quatre dans le couloir de la mort.

Manuel Velez avait été arrêté en 2005 et condamné à mort en 2008 pour le meurtre du fils de sa petite amie, âgé d'un an.

Les examens médicaux avaient pourtant prouvé que les blessures mortelles à la tête de l'enfant avaient eu lieu alors que Manuel Velez travaillait sur un chantier du Tennessee, à plus d'un millier de kilomètres de là, selon un communiqué de l'Union américaine de défense des libertés (ACLU).

Cet immigré hispanique, qui ne pouvait alors pas lire l'anglais et dont le QI était de 65, avait signé une confession sans la comprendre et son avocat n'avait pas utilisé les témoignages attestant que sa petite amie avait des antécédents de mauvais traitements sur ses enfants.

«Manuel n'aurait jamais dû être emprisonné, abandonné dans le couloir de la mort à attendre d'être exécuté à cause de la défaillance complète du système judiciaire», a déclaré son avocat Brian Stull dans le journal USA Today. «Ma joie pour lui et sa famille est teintée de tristesse pour les années que notre système judiciaire lui a volées, tout cela parce qu'il était trop pauvre pour se payer un meilleur avocat que celui que l'Etat lui avait désigné». «Nous devrions avoir honte des erreurs qui ont conduit Manuel au bord de l'exécution», a-t-il ajouté, citant une étude récente, selon laquelle un condamné à mort sur 25 est innocent aux Etats-Unis.

146 condamnés à mort innocentés et libérés depuis 1973

Cette libération «illustre les nombreux problèmes qui continuent d'infester la peine capitale et les risques actuels d'exécuter un innocent», a noté Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine capitale (DPIC), estimant que ce cas «contient une litanie d'injustices, comme la mauvaise conduite de la police, le mensonge du parquet, l'inefficacité de la défense et les faux témoignages». Le DPIC a dénombré 146 condamnés à mort innocentés et libérés depuis 1973, dont dix au Texas.

Selon l'ACLU, une fois la condamnation de Manuel Velez révoquée, le Texas avait refusé d'abandonner les charges et l'avait incité à plaider coupable pour être libéré plus vite. Pour cette raison, le DPIC ne pourra pas l'inclure dans son décompte.

Le Texas a exécuté plus du tiers des condamnés américains et détient le record des exécutions aux Etats-Unis avec 517 sur un total de 1.389 depuis le rétablissement de la peine capitale aux Etats-Unis en 1976.

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26/03/14

805- La vie après 18 ans dans les couloirs de la mort

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Accusé par erreur du meurtre de trois enfants aux Etats-Unis, Damien Echols a passé 18 ans dans le couloir de la mort. Aujourd'hui, il raconte son cauchemar dans un livre, "La vie après la mort" (éditions Ring).

 Les faits remontent à 1993. Trois enfants de huit ans sont retrouvés sauvagement assassinés à West Memphis, dans l'Etat de l'Arkansas. Très vite, trois jeunes marginaux sont soupçonnés : Jessie Misskelley Jr, Jason Baldwin et Damien Echols.

Au terme d'un procès arbitraire qui accumule faux témoignages et preuves falsifiées, les "Trois de West  Memphis", comme on les surnomme alors, sont lourdement condamnés : Misskelley et Baldwin à la prison à perpétuité, Echols à la peine capitale.   

Finalement, en 2011, à la faveur d'une longue campagne de soutien (des personnalités comme Johnny Depp y ont participé), la justice accepte de rouvrir le dossier et examine de nouvelles preuves scientifiques. Les trois hommes obtiennent leur libération mais ne sont pas totalement innocentés. Ils restent coupables aux yeux de la justice.

Damien Echols était l'invité de Clara Dupont-Monod sur France Inter dans le 7-9 du jeudi 27 mars 2014. A écouter en cliquant ICI

Les éditions Ring, qui publient le témoignage de Damien Echols, ont également réalisé un documentaire sur cette affaire qu'on peut visionner ICI :

 

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12/03/14

804 - Etats-Unis : Innocenté après avoir passé 29 ans dans les couloirs de la mort en Louisiane

Glenn Ford

Glenn Ford avait été reconnu coupable du meurtre d'un bijoutier de Louisiane en 1983 jusqu'à ce qu'un témoignage incriminant le bon tireur parvienne aux policiers fin 2013.

Il a le triste honneur d'être le détenu à avoir passé le plus de temps dans les couloirs de la mort des prisons américaines. Après avoir passé 29 ans dans un pénitencier de Louisiane à attendre son exécution, Glenn Ford a été libéré mardi 11 mars 2014. Un témoignage inédit recueilli fin 2013 par la police a permis de disculper cet Afro-Américain de 64 ans qui avait en vain clamé son innocence pendant 30 ans.

Originaire de Californie, Glenn Ford était venu en Louisiane pour démarrer une nouvelle vie. Il faisait des petits boulots de jardinage et de rangement pour un horloger-bijoutier de Shreveport, Isadore Rozeman. Mais le 5 novembre 1983, au cours d'un braquage, Isadore Rozeman est abattu à son comptoir. Les enquêteurs découvrent que Glenn Ford était dans le secteur du magasin au moment du crime. Autre élément qui impressionne défavorablement, lorsqu'il est interpellé, il est retrouvé en possession de biens volés dans le magasin de la victime.

Lorsque s'ouvre le procès pour homicide en 1984, Glenn Ford fait partie des suspects principaux du crime au côté de George Starks, Henry et Jake Robinson. Glenn Ford accuse les frères Robinson du meurtre mais ceux-ci se prévalent de leur droit constitutionnel de rester silencieux et refusent de s'exprimer sur l'affaire. Des témoignages rapportant les tentatives de Glenn Ford de vendre un fusil du même calibre que celui de l'arme du crime pèsent lourd dans la balance.

À cela s'ajoutent des avocats inexpérimentés et la rétention inexpliquée de plusieurs éléments à décharge dont un rapport de police spécifiant l'heure du meurtre et apportant des précisions sur l'arme du crime. Un jury composé entièrement de membres blancs condamne Glenn Ford à mort et rejette les charges retenues contre les autres accusés.

Derrière les barreaux, Glenn Ford multiplie en vain les appels.

Finalement le témoignage qui va l'innocenter arrive sur le bureau des policiers en 2013. Une source, interrogée dans une affaire de meurtre complètement distincte du dossier Isadore Rozeman, identifie Jake Robinson comme celui ayant tiré sur le bijoutier. Cet informateur aurait entendu l'homme s'accuser du meurtre. Les autorités judiciaires n'ont pas fourni plus de détails mais ont déclaré que si ce témoignage avait été connu à l'époque des faits, Glenn Ford n'aurait jamais été arrêté. «Une enquête sur les individus impliqués dans l'assassinat d'Isadore Rozeman a été ouverte», a confirmé le procureur, «ils sont également suspectés d'avoir joué un rôle dans d'autres homicides».

À sa sortie de prison, Glenn Ford s'est dit heureux mais aussi aigri par ses années d'incarcération qui l'ont privé de ses fils qu'il n'a pas vu grandir. Actuellement 83 hommes et deux femmes attendent d'être exécutés dans les prisons de Louisiane.

Selon la réglementation de Louisiane Glenn Ford pourrait n'être indemnisé qu'à hauteur de 270 000 dollars !

 

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22/09/11

803 - Troy Davis a été exécuté !

Troy DavisAprès un report de dernière minute, l'Américain Troy Davis, qui a suscité une forte mobilisation, est mort à 23 H 08 (05h08 (heure française) le jeudi 22 septembre 2011) à l'intérieur du pénitencier de Jackson en Géorgie.

Condamné à mort en 1991 pour le meurtre d'un policier blanc, cet Américain avait fait l'objet d' une intense mobilisation internationale , des doutes planant sur sa culpabilité. Mais la Cour suprême des Etats-Unis a rejeté mercredi un ultime recours de ses avocats, ouvrant la voie à son exécution. Jusqu'au bout, il avait clamé son innocence, notamment face à la veuve du policier tué.

Plusieurs témoins ont assisté à son exécution. Un témoin a raconté la scène au micro d'Europe 1. "Il a demandé à sa famille et à ses amis de continuer à prier, à travailler et de garder la foi", a-t-il rapporté. Ses derniers mots ont été pour le personnel pénitencier, à qui il a adressé : "Que Dieu ait pitié de vos âmes". "Puis il a baissé la tête, le processus s'est enclenché et 15 minutes plus tard c'était la fin", a décrit le témoin.

Un ultime recours rejeté

Les centaines de manifestants présents à l'extérieur de la prison ont accueilli la nouvelle dans un profond abattement après avoir espéré pendant des heures un improbable geste de la plus haute juridiction du pays. Saisie en dernier recours après une tentative infructueuse à la Cour suprême de l'Etat de Géorgie, la Cour suprême des Etats-Unis avait en effet interrompu le processus mercredi soir. Mais cet ultime recours utilisé par ses avocats n'a pas suffi. La Cour suprême des Etats-Unis ayant finalement rejeté l'ultime recours.

Depuis sa condamnation à mort en 1991 pour le meurtre d'un policier blanc, Troy Davis avait échappé à trois exécutions grâce à de multiples recours judiciaires. Au point de devenir un symbole de la lutte contre la peine de mort. Cet Afro-américain, quadragénaire, a toujours clamé son innocence.

La France réaffirme son opposition à la peine de mort

La France a officiellement déploré jeudi l'exécution de Troy Davis, et réaffirmé son opposition à la peine de mort. "Nous déplorons vivement que les nombreux appels à la clémence n'aient pas été entendus", indique un porte-parole du ministre des Affaires étrangères et européennes dans un communiqué. "La France réaffirme son opposition à la peine de mort, quels que soient les lieux et les circonstances", poursuit le texte. "Elle rappelle que toute erreur judiciaire dans son application est irréversible".

De son côté, Amnesty International France a appelé à poursuivre le combat pour l’abolition universelle de la peine de mort. "Aujourd’hui, la Géorgie n’a pas seulement tué Troy Davis, elle a aussi tué la confiance de tous les soutiens de Troy, à travers le monde, dans le système judiciaire aux Etats-Unis", a déclaré Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France.

"Une tache sur la justice des Etats-Unis"

Ces derniers jours, de nombreuses personnalités du monde entier étaient montées au créneau pour que l'exécution n'ait pas lieu, en tête desquels Benoît XVI. La France, par le ministère des Affaires étrangères, dit avoir "regretté vivement le refus du comité des grâces".

Aux Etats-Unis, l'ancien président Jimmy Carter ou l'actrice Susan Sarandon avaient aussi pris position pour l'accusé.

 
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18/09/11

802- Va-t-on exécuter un innocent aux Etats-Unis ?

Son exécution par injection létale est programmée mercredi 21 septembre 2011. Troy Davis, en prison depuis 20 ans, ne pourra échapper à la peine capitale que si le comité des grâces de Georgie, qui se réunit en ce moment, accepte de commuer sa peine en prison à vie.

En quelques années, Troy Davis est devenu le symbole international de la lutte contre la peine de mort. Agé de 42 ans, dont vingt passés dans le couloir de la mort en Georgie, Troy Davis est présenté par de nombreuses personnalités comme un cas emblématique. Condamné à mort pour meurtre en 1989, il continue de clamer son innocence .

Sept témoins sur neuf se sont rétractés

Le 19 août 1989, Mark MacPhail, un policier de 27 ans avait été abattu à bout portant dans une rue de Savannah , en Georgie, alors qu'il tentait de venir en aide à un SDF maltraité. Arrêté au lendemain des faits, Troy Davis a été condamné en 1991 lors d'un procès au cours duquel lequel il a toujours exprimé son innocence.

Au moment des faits, neuf témoins avaient désigné Troy Davis comme l'auteur du coup de feu mais l'arme du crime n'a jamais été retrouvée et aucune empreinte digitale ou ADN n'a été relevée. Depuis, sept témoins sont revenus sur leurs déclarations, dont certains ont désigné un autre tireur.

En 2008, l’exécution est suspendue deux heures avant l’horaire

A trois reprises déjà, Troy Davis a vu une date programmée pour son passage sur la chaise électrique. Différents recours lui ont ainsi en juillet 2007, septembre et octobre 2008 de retarder l’échéance. Cette dernière fois, il n’avait appris la suspension de son exécution que deux heures avant l’horaire prévu.

Pendant des années, les protestations de Troy Davis n'ont pas eu d'écho. Jusqu'à ce que sa soeur aînée Martina, qui s'est dévouée sans relâche pour défendre sa cause, ne s'émeuve de son cas auprès d' Amnesty International . L’organisation a alors médiatisé son cas, obtenant le so, et continue de militer pour obtenir sa grâce. Un cas de figure rare : depuis 1973, 138 condamnés à mort ont échappé à la peine capitale. Ce qui représente 2% de l’ensemble des condamnés à mort.

Une pétition de 663.000 signatures pour la grâce

Les nombreux soutiens de Troy Davis, parmi lesquels se trouvent notamment Jimmy Carter, le Pape Benoît XVI ou l'actrice Susan Sarandon, ont tout mis en œuvre pour faire pression sur le comité des grâces. Une pétition réunissant plus de 663.000 signatures réclamant la grâce de Davis lui a été remise la semaine dernière.

Pour Laura Moye, directrice de la campagne pour l'abolition de la peine de mort à Amnesty international, "il y a trop de doutes dans cette affaire". Avec cette interrogation en toile de fond : "est-on sûr que nous n'allons pas exécuter un innocent ?".

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