18/12/08

2906 - Guy MAUVILLAIN - 1985

mauvillain"Acquitté." A l'énoncé du verdict de la cour d'assises de Gironde, ce 29 juin 1985, Guy Mauvillain éclate en sanglots. Puis se rassoit en essuyant ses yeux rougis derrière ses lunettes, trop ému pour prononcer le moindre mot. Il lui aura fallu patienter dix ans et quatre mois pour voir enfin son innocence reconnue par la justice. Cette même justice qui l'avait déclaré coupable du meurtre d'Elise Meilhan, une vieille dame de 76 ans, violemment agressée le 9 janvier 1975 à son domicile de La Rochelle, puis décédée quelques jours plus tard.

 Menottes

A l'époque du drame, ce comptable de 55 ans mène une vie rangée et simple dans son petit pavillon, aux côtés de sa femme aide-soignante. Yvette partage son temps entre l'hôpital et les visites à domicile chez ses patients, parmi lesquels la fameuse Elise Meilhan. Or, lorsque la police lui a demandé le nom de la personne qui lui a fracassé le crâne, cette dernière a murmuré dans un souffle: "C'est le mari de l'infirmière qui fait des piqûres... Mauvillain." Avant de plonger définitivement dans le coma.

 

L'homme qui comparaît devant les assises de Charente-Maritime, en novembre 1975, est un coupable idéal. D'autant qu'il a déjà un casier judiciaire pour des peines qui remontent à... plus de vingt ans. Le jury ne délibérera que vingt-cinq minutes avant de le condamner à dix-huit ans de prison.

 

Il en sort six ans plus tard, les cheveux blanchis et le visage émacié, à la faveur d'un arrêté du garde des Sceaux Robert Badinter. Epuisé, il aurait pu en rester là. Mais décide de se battre, porté par un important comité de soutien composé de Simone Signoret, Yves Montand, Costa-Gavras... Le second procès, tant attendu, met en avant l'absence de preuve tangible, de mobile, d'arme du crime. Un nouveau témoignage, celui de la voisine de l'accusé, qui certifie l'avoir entendu chez lui à l'heure du meurtre, conforte encore un peu plus la thèse de son innocence. Fin du calvaire pour Mauvillain.

 

Une fois la tempête médiatique apaisée, la vie reprend son cours. Le retraité se passionne pour l'Histoire, la généalogie et passe ses journées le nez dans les livres. Mais la liberté a un goût amer. Et l'indemnité de 400 000 francs accordée par la justice ne représente pour lui qu'une maigre contrepartie à ses six années passées en prison. Sa femme, Yvette, qui lui aura apporté un soutien sans faille, déclarait quelques jours après l'acquittement: "Ce qu'ils nous ont fait subir, ils ne nous le paieront jamais." Le vrai coupable, lui, court toujours.

 

              Dossier préparé par Par Amandine Hirou pour l’Express

 

Voir les différentes VIDEOS sur l'affaire Mauvillain. 

 

Posté par B2IA à 23:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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