Incendie rue Myrha

L'incendie de la rue Myrha, survenu le 2 septembre 2015 à Paris a été l'un des plus meurtriers depuis 2005. Il avait coûté la vie à huit personnes dont deux enfants et deux par défenestration. L’incendie s’était déclaré au rez-de-chaussée avant de se propager dans la cage d’escalier et embrasé l’immeuble de cinq étages.

Dans ce dossier, la piste criminelle a été très tôt privilégiée par les enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire.

Un coupable idéal était tombé sous la main des enquêteurs dès le lendemain. Il s’agissait d’un homme de 36 ans sans domicile fixe, connu de la police pour des faits de petite délinquance et présenté comme un marginal ayant souffert de problèmes psychiatriques. Il avait eu la malchance d’être interpellé en possession d’une bougie et d’un briquet après le témoignage d’un agent de la RATP qui l’avait aperçu la nuit de l’incendie aux abords du bâtiment. Pour autant, l’homme a toujours nié être l’auteur de l’incendie mortel. Mais que vaut la parole d’un SDF connu de la police et commettant le crime de disposer d’une bougie et d’un briquet ?

Mais aujourd’hui, le suspect numéro 1 a changé de visage !

La PJ parisienne a, en effet, arrêté un autre homme, ancien locataire des lieux. Selon les informations d’Europe 1, ce nouveau suspect, présenté comme une «personnalité fragile», a reconnu les faits en garde à vue tout en expliquant avoir des souvenirs parcellaires de la scène. Il aurait raconté avoir d’abord mis le feu à des papiers dans le hall d’immeuble, puis à une poussette, avant de sauter par la fenêtre pour échapper aux flammes. Selon France Inter, le 2 septembre dernier, un an jour pour jour après l’incendie, l’homme avait participé à un rassemblement de soutien devant l’immeuble sinistré. Aux journalistes du Parisien venus l’interroger, il aurait même déclaré : «On se sent abandonnés par les enquêteurs, les juges en charge du dossier». Agé de 20 ans, il a été mis en examen pour «dégradation volontaire par incendie ayant entraîné la mort», puis écroué.

L'ancien coupable idéal a été immédiatement remis en liberté.

Reste à savoir combien vaut un an de privation de liberté pour un SDF ?

Pas beaucoup décrètera certainement la justice, si prompte à l'avoir embastillé malgré ses protestations d'innocence !