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Condamné en 2009, puis en appel en 2011, pour le viol de son petit-fils Gabriel, qui s'est depuis rétracté, l'ex-maire de Vence (Alpes-Maritimes), Christian Iacono, est rejugé du 16 au 27 mars devant les assises du Rhône lors d'un procès en révision, rarissime en France. Depuis 1945, seulement huit condamnés pour des crimes ont été acquittés au terme d'une procédure de révision, dont une seule fois, en 2011, dans une affaire sexuelle.

Gabriel Iacono aborde l'audience «avec crainte et une certaine appréhension».  C'est un jeune homme «repentant, pénitent qui s'apprête à traverser un moment extrêmement difficile et douloureux, parce que tout cela va mettre un peu plus en évidence le mal qu'il a fait, et le mal qu'il va subir vis-à-vis de ceux qui le soutenaient pendant le temps de l'accusation», résume Me Luc Febbraro, son avocat.

Le procès pourrait se tenir à huis clos, à la demande du petit-fils: «Je veux le huis clos total, si je peux l'avoir je préfère. Comme on est sur une dernière ligne droite, je souhaite être dans la tranquillité et dans l'ambiance la plus sereine possible, notamment lors de mon passage à la barre», a expliqué Gabriel Iacono, 24 ans, aujourd'hui agent de sécurité dans un magasin.

Quant à Christian Iacono, 80 ans, il «préférerait sans doute un procès public afin que la décision d'acquittement dont il pourrait bénéficier soit éclairée par des débats publics. Malheureusement ce n'est pas lui qui a le choix», souligne l'un de ses avocats, Me Gérard Baudoux. L'ancien élu «espère» que ce troisième procès «consacrera son innocence après quinze années de procédure durant lesquelles il n'a jamais cessé de la clamer», rappelle le conseil.

Le 18 février 2014, après quatorze ans de «calvaire», Christian Iacono avait obtenu devant la Cour de révision l'annulation de sa condamnation à neuf ans de prison. Après un rebondissement spectaculaire en mai 2011: son petit-fils s'était subitement rétracté dans un courrier au parquet de Grasse (Alpes-Maritimes). «Personne ne m'a poussé à l'incriminer. Pour autant je n'ai pas menti. J'y croyais vraiment», explique-t-il alors.

Les faits étaient censés s'être déroulés entre 1996 et 1998 dans la villa de Christian Iacono, à Vence, alors que l'enfant avait entre cinq et huit ans. Ses accusations ont valu à son grand-père seize mois de prison en quatre séjours sous les verrous, avant sa libération en avril 2012.

Devant la Cour de révision, il lui avait demandé «pardon» après avoir expliqué, lors d'un supplément d'information consécutif à ses rétractations, qu'il avait menti, petit, «pour attirer l'attention», réunir ses parents autour de lui. Il expliquait aussi avoir «été convaincu par les divers médecins de la réalité de (ses) propres mensonges jusqu'au premier procès». Mais il avait ressenti «des doutes lors du second procès», sans oser «les formuler à haute voix» en présence de ceux qui l'avaient soutenu jusque-là.

Avant la décision de révision, Me Baudoux avait estimé que «la justice se grandirait» en admettant que «quelquefois elle peut se tromper, et quelquefois on peut la tromper».

A lire sur Lyon Capitale le récit du témoignage de Christian IACONO  au premier jour du procès.